mercredi 12 avril 2006

Babyshambles: Paris Bataclan 2006

pete

Lundi 10 avril. Aucune prévente de places n'a été annoncée pour le show acoustique de Pete Doherty au Triptyque. Il y a donc foule à 20h30 sur le trottoir de la rue Montmartre. Visiblement, le chanteur sera là. Une heure de queue plus tard (à me geler dans le froid du soir),  je pénètre enfin dans l'antre. Après avoir descendu victorieusement quelques marches, je vois Busty et Patrick Eudeline partir en sens inverse et remonter les escaliers. Je commence à me dire que ça sent le roussi. Quelques secondes après, un mec de l'organisation nous prévient que Pete Doherty ne sera pas là ce soir mais que AS Dragon et Hushpuppies seront bien sur la scène du Triptyque. Déception énorme.

Mardi 11 avril. Pete aurait eu des problèmes pour passer la douane hier. Le concert du Bataclan n'est cependant pas déprogrammé ce soir. 20h30 la file impressionnante s'allonge boulevard Voltaire et au-delà dans la rue perpendiculaire. Dans la queue on se prépare au concert des Babyshambles: descente collective de bière, vin rouge, mousseux, vodka, tout y passe... ça avance doucement, achats/reventes de places au black. Le Bataclan est vite blindé vu que c'est sold out ce soir, et ce, depuis belle lurette. Le Doherty attire toujours autant, malgré son légendaire manque de ponctualité. En première partie The Holloways font part de leurs jolies chansonnettes à la foule, c'est rapide, enjoué. Du bon pub rock, avec un violoniste dans le groupe. Ces anglais chauffent une salle déjà bouillonnante. L'ambiance s'annonce énorme dans la lourde moiteur du Bataclan. Le set de première partie terminé, les roadies tardent à installer le matos des Babyshambles, pour cause: le groupe jouera sur les mêmes instruments. Le temps passe, le public s'impatiente. Vers 22h on se demande si le concert aura lieu. Une baston a lieu au coeur de la fosse. Un mec de la sécurité s'en mèle, il veut sortir le plus excité, mais ses potes le retiennent. Deux autres vigiles viennent en renfort, bagarre énorme. 22h15, la sécurité a finalement le dernier mot. 22h30, des gens quittent la salle. 22h50, maigre espoir de voir le groupe jouer. 23h: on entend dans les premiers rangs: "IL est là!!". Un organisateur monte sur scène le visage illuminé, il nous confirme que le chanteur vient d'arriver. Pete monte directement sur scène, encore vêtu de son imperméable, il tient à bout de bras l'étui de sa guitare. Clameur générale, joie immense, soulagement total. Il est là notre Doherty, en chair et en os, tout droit débarqué d'Albion. Il avouera à Canal+ après le concert s'être "endormi dans un buisson après être sorti du ferry"... Pat Walden en prison, c'est Pete qui assume le rôle de guitariste. Le groupe attaque "La Belle Et La Bête". Le chanteur a l'air (évidemment) complétement défoncé, et l'interprétation apparaît largement approximative. D'une manière générale, l'ensemble du concert se fera à l'arraché. Le groupe semble improviser, visiblement aucune setlist n'a été prévue. On alterne des chansons de Down In Albion, des tubes des Libertines, des impros et des inédits. Le tout est livré dans un joyeux fourre-tout bancal. Le public balance énormément d'objets sur scène: bouteilles en plastique, livres de poésie, cahiers, clopes, joints, drapeau anglais, chapeaux... Pete, spectacle à lui tout seul, récupère ses cadeaux, tente de lire du français au micro. Parmis les plus beaux moments du concert, on retiendra "A Rebours", la vertigineuse version de "Killamangiro" avec le violoniste des Holloways, un "Time For Heroes" anthologique... Et puis cet "Albion" magnifique, profondément habité, définitivement magique. Pete au bout du rouleau délègue en fin de compte ses parties de guitare à un roadie qui saisit la chance de sa vie. Le groupe termine son set après une petite heure de show. On se demande si le combo daignera faire un rappel. Des gens partent. La foule avide en redemande, chaudement, furieusement. Verdict positif, le groupe revient pour enchaîner "Fuck Forever", "Stick & Stones" et "Pipedown". Brelan démentiel. Coté public ça ressemble à un mixeur géant. Pete en marcel blanc, chapeau noir et bretelles pendantes salue ses fans parisiens. Le groupe disparaît en coulisses, il y aura Hedi Slimane bien sûr, et puis les journalistes...

Posté par muckyfingers à 20:47 - Permalien [#]