Mucky Fingers

Le Blog Rock - reviews et chroniques: Arctic Monkeys, Oasis, Babyshambles, Strokes...

lundi 5 décembre 2005

The Strokes au Trabendo: Fuckin' merveilleux

julian12

Samedi 3 décembre 2005 vers 19h, à l'entrée du Trabendo, des types réclament des invit' en trop pour le concert des Strokes ce soir. Il ne sont pas sûrs de pouvoir pénétrer dans la salle les gars. Déjà les places étaient ultra-limitées, la plupart des fans ont fait la queue la veille pour la vente à la Fnac Opéra (entre 300 et 500 tickets), une place par personne avec bracelet remis au moment de l'achat. Les fans hardcore ont passé la nuit devant l'entrée du magasin, dans le froid, sous la pluie, avec des bâches et des sacs de couchage. D'autres ont rappliqué un peu plus tard avec des litres d'alcool. A l'aube, la queue a véritablement commencé à s'allonger lorsque les gens ont débarqué par le premier métro. Longue attente, certains grugent, forcément ça chahute. Une vieille du genre soixante-dix balais est apparue au début de la file vers 9h30 comme par l'opération du Saint-Esprit. 10h, ouverture des portes, ça a poussé drôlement, les barrières ont cédé, certains ont été coincés ou se sont fait attraper les guibolles. Comme la plupart du temps lors de ce genre de manifestation, la sécurité est quasi-inexistante. Les gens sont entrés par fournées pour éviter la dévastation de la boutique. Un joli bracelet gris a été remis à l'arrivée, le but ultime, le pass magique pour accéder au concert privé du meilleur groupe de rock américain. Une grosse satisfaction lorsqu'il faut pénétrer dans le Trabendo, le lendemain. Ce fameux 3 décembre. La salle est petite, contemporaine, cossue, avec une forme intéressante, et un bar sympa en contrebas derrière la scène. Des disques des Beatles passent sur la sono. Les Strokes sont fort attendus depuis leur magistral passage quasi-pile poil deux ans auparavant, à quelques mètres de là, au Zénith. Le groupe fait un tour de chauffe aux quatre coins du globe dans des petites salles pour présenter à la presse son nouvel album "First Impressions Of Earth". Ce soir, Paris est à l'honneur. Aucune première partie, les lumières s'éteignent, et la bande à Casablancas se met en place sur la petite scène. Toutes guitares dehors, les rockers nous plantent un "Heart In A Cage", d'emblée une nouvelle bombe. Un classique instantané: rythmique entraînante, mélodie évidente et break véritablement hanté. Les Strokes ont l'air décidé à nous livrer du lourd, du très lourd. Car la deuxième chanson "Hawaii" est du même acabit. L'ambiance explose dans la salle avec la rengaine "The End Has No End" reprise en choeur. Le son est soigné, confortable. En somme, du plaisir maximal. Et l'on se trouve bientôt en atharaxie avec l'enchaînement "Barely Legal" et "Juicebox" scandé en imparable single. Pogo et mouvements de foule en réponse, ça chauffe. Suit la nouvelle "Red Light" et re-plongée de plain pied dans les pépites de "Is This It": "Last Nite" et "Hard To Explain", jouées à la perfection. On sent le groupe pointu, soucieux du son, de la justesse du ton; ça joue serré, chirurgical. Nick Valensi en impose. Il triture le manche à bout de bras, l'instrument porté extrèment bas. Il décoche ses solos comme des flèches tirées dans le mille. Fab Moretti se met en mode binaire pour les superbes "Hard To Explain" et "Whatever Happened". Entre temps, "Razor Blade" nouvelle pop song strokesienne en rajoute une couche, comme pour nous signaler que le nouvel album est la septième merveille du monde. Julian lance des boutades au public, sort quelques mots en français qu'il maîtrise parfaitement bien. Il a mis sa fameuse veste USMC de la marine américaine, sur laquelle il a fait broder un "Let's Dance" brillant du plus bel effet. "You Only Live Once" déjà connue des fans grâce à internet (comme la pupart des nouvelles chansons) finit de supplanter toute concurrence. On a l'excitante impression que les Strokes sont revenus à leur niveau initial, après un "Room On Fire" en demi-teinte. Malgré tout, "Reptilia" prend une envergure énorme en live, à peine mesurable, si ce n'est par l'hystérie déclenchée. Le rappel sera tout aussi dingue: le cinglant "New York City Cops" sème le chaos, l'inédit "Electricityscape" et sa ligne mélodique hallucinante fait chavirer les corps avant le dernier assaut fatal: "Take It Or Leave It" qui finit d'achever le dernier survivant. Non, ce soir les Strokes sont trop parfaits pour pouvoir leur résister.  C'est "Fuckin' merveilleux" comme l'a dit Julian. Personne ne dira le contraire.

Posté par muckyfingers à 19:37 - Permalien [#]


« Accueil  1