Mucky Fingers

Le Blog Rock - reviews et chroniques: Arctic Monkeys, Oasis, Babyshambles, Strokes...

jeudi 3 novembre 2005

BRMC à l'Elysée Montmartre

brmcelyseemontartre

Hier soir, concert de Black Rebel Motorcycle Club à l'Elysée Montmartre. Après leur excellent passage dans la même salle fin 2003, il était difficile de louper le coche. Le concert commence, seul Peter Hayes entre en scène, avec une guitare folk et un harmonica. Il a choisi de plaquer ses longs cheveux noirs. Exit la touffe à la Robert Smith pour ce soir... Outre ce détail capillaire, le rocker nous balance les dernières scies country de son album Howl. Une direction artistique qui tranche radicalement avec les sons garage des premiers albums (une démarche pour laquelle les White Stripes ont également opté récemment). Après un second disque bourré de hits et jusqu-au-boutiste dans le style BRMC, le groupe a su éviter toute autoparodie en reléguant au placard sa formule distorsion crasseuse + reverb caverneuse. C'est le retour à la base. Aux racines. Seulement en live, ça détonne sur une setlist qui compte désormais trop peu d'hymnes électriques ravageurs. Robert Turner et Nick Jago rejoignent Peter sur les planches de la mythique salle parisienne. Le groupe s'attaque à Ain't No Easy Way, le dernier single au clip follement décadent tourné à Kiev. Le public commence à s'animer. Love Burns chauffe. Puis Whatever Happened To My Rock'n'Roll provoque enfin le pogo attendu dans les premiers rangs. Une foule malmenée par un set oscillant entre brûlots garage et ballades planantes. Le climat s'installe pourtant, et le concert décolle. Ce groupe a quelque chose de captivant, une noirceur palpable dans la moindre de ses compositions. Une touche de subtilité que la plupart des formations américaines ne possèdent pas. Comme si BRMC était un groupe anglais imprégné de culture US. Poésie belliqueuse et romantisme noir se cotoient à tous les étages. Pete et Robert : de véritables corbeaux sans le coté ridicule du truc. Mal de vivre dans un background réaliste ricain. Blousons noirs, chemises noires, big black boots. L'imaginaire arrive à la tombée de la nuit, quand les amplis renvoient la complainte dans les plaines ténébreuses. Ces mecs là ne rigolent pas, ils prennent au premier degré le rock, comme mode de vie, comme mode d'expression, comme ligne de conduite. Une quasi-religion. Et ce soir, sous les plafonds sculptés de l'Elysée Montmartre, il y a quelque chose qui plane dans l'air, comme une atmosphère excessivement basse, oppressante. Un Spleen de Paris transposé par des gars de San Francisco. Robert Turner fait glisser ses doigts sur un improbable piano de saloon surmonté d'une fausse bougie. Peter au trombone fait tourner les têtes sur une chanson Beatlesienne. Les rythmes hypnotiques s'enchaînent, s'accentuent, le rappel en devient épique. "Stop" enflamme son monde. Au moment d'en finir, après un final déchirant, nos oiseaux de nuit font sonner les orgues électriques pour un ultime requiem intimiste.

Posté par muckyfingers à 19:47 - Permalien [#]


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